Histoire du parfum

Un parfum, une Emotion, un Souvenir...

L’histoire du parfum remonte à l’antiquité, époque à laquelle son usage était exclusivement réservé aux cérémonies religieuses, principalement sous forme d’encens. Nous retrouvons cette trace dans l’origine même de son nom, tiré du latin, “Per fumum” signifiant littéralement “à travers la fumée”.
Vecteur de transmission des prières ou instrument de séduction, l’usage du parfum se retrouve dans toutes les civilisations, chacune avec leur propre identité, leurs propres techniques. Dès le moyen âge, la richesse culturelle autour du parfum et le développement des échanges commerciaux dans le monde favorisent la circulation de nombreuses matières premières précieuses offrant aux parfumeurs, un potentiel d’innovations sans limite.

Dès le XIXe siècle, la région de Grasse domine le monde de la parfumerie, ville dans laquelle les plus grands parfumeurs se sont installés. Le parfum est rapidement associé au luxe et à une certaine représentation de la personnalité, instrument incontestable de séduction. C’est alors que les flacons, de plus en plus raffinés, affirmeront le caractère unique de chaque jus.

Le parfum, une histoire de famille

Comme le musicien, le parfumeur compose ses parfums ; les senteurs sont ses notes, les formules ses partitions dont l’harmonie dépend de l’équilibre des proportions et de l’intensité olfactive de chacune d’elles.
Le thème, accord dominant la composition, déterminera la famille du parfum, tandis que les accords secondaires préciseront sa sous-famille.

Hespéridée

“Hespéridée” est le nom donné à la famille olfactive illustrant les notes d'agrumes, pétillantes, fraîches et dynamisantes (bergamote, citron, orange, pamplemousse, mandarine…). Ces agrumes ont en commun leur huile essentielle contenue dans le zeste du fruit.

Les notes hespéridées ont été largement utilisées accompagnées de notes aromatiques et de la fleur de néroli dans les premières compositions parfumées: les Eaux de Cologne. Les notes hespéridées sont par définition des notes de tête car elles ne tiennent pas plus d'une heure. Leur note est très volatile et éphémère. Elles apportent de l'envol et une ouverture pétillante en tête d'une composition.

Fleurie

On dit de cette famille qu'elle est le cœur de la parfumerie. En effet, les fleurs sont parmi les matières les plus travaillées dans les parfums. Les fleurs de référence sont la rose, le jasmin, la tubéreuse. Mais il en existe aussi des moins connues comme le tiaré, le frangipanier… On classe les fleurs en deux principales catégories : les fleuris suaves/solaires (jasmin, ylang-ylang) et les fleuris frais (muguet, lilas, freesia…).

Les fleurs apportent une grande richesse olfactive aux compositions féminines. Les variations qui peuvent être faites autour des fleurs sont très larges puisque certaines développent des notes animales, vertes, fruitées, poudrées, solaires… C'est pour cela que les styles de compositions peuvent être variés, du soliflore au bouquet floral.

Boisée

Les notes boisées sont les notes incontournables de la parfumerie. Il est particulièrement rare de construire un parfum sans matière boisée, et ce, depuis les débuts de la parfumerie moderne. En effet, bien que longtemps effacées, ces matières constituent la “colonne vertébrale” des compositions parfumées. Elles donnent la structure de base sur laquelle vont s'appuyer les autres notes d'un parfum. On classe les notes “bois” en plusieurs catégories: sec, humide, mousse, ambré, fumé, résiné. Les notes boisées ont réellement pris de l'importance en devenant une famille dominante dans les parfums depuis la fin des années cinquante avec la mode des “mono-Vétiver”. Leur utilisation s'est alors démocratisée dans les parfums masculins et la famille boisée est aujourd'hui une famille aussi importante que la famille fougère.

Depuis les années quatre-vingt-dix des illustrations féminines font également leur apparition. Les matières les plus emblématiques sont le cèdre, le vétiver, le patchouli, le santal, la mousse de chêne et plus récemment les bois ambrés.

Fougère

Cette famille est un accord historique, construit autour de la lavande, du géranium, de la mousse de chêne, du vétiver et de la coumarine. Elle peut s'interpréter différemment, à condition que le schéma de base soit respecté. Cet accord est typiquement masculin et évoque le rituel du rasage.

Cette famille est passée par plusieurs tendances : poudrée, cuirée, hespéridée, musquée et maintenant ambrée et fruitée. La fougère fut pendant longtemps la référence sur le segment de marché des masculins, et connaît encore aujourd'hui une relative importance. Néanmoins, elle est depuis quelques années talonnée par la famille des boisés, qui prend de plus en plus d'ampleur dans le cœur de ces messieurs.

Chyprée

Cette famille olfactive est née d'une création de François Coty en 1917: le chypre. L’accord chypré est construit autour des notes suivantes : bergamote, rose, jasmin, mousse de chêne, patchouli et ciste labdanum. Il a connu un vif succès à son époque et a donné naissance à de nombreux parfums de caractère.

On trouve le plus souvent deux sous-familles de parfums chyprés : les chyprés fleuris (mettant en avant la rose ou le jasmin) et les chyprés fruités (plus jeunes, souvent accompagnés de notes gourmandes).

Orientale

La famille des orientaux est une promesse de sensualité et de chaleur dans les parfums.

C'est un accord historique où le patchouli et la vanille se mêlent aux épices. Elle est aujourd'hui utilisée autant pour les hommes que pour les femmes où elle déploie des notes chaudes, rondes et voluptueuses, mais se marie aussi très bien avec d'autres facettes : hespéridée, fleurie, verte, boisée, épicée, poudrée, gourmande…

Cette famille est la deuxième plus grande famille chez les femmes après les fleuris, et la troisième chez les hommes après les fougères et les boisés.

Ambrée

La famille ambrée est un accord historique construit autour de notes baumées (benjoin, baume du Pérou, baume copahu), de la gomme de labdanum et de la vanille.

Elle a longtemps été assimilée à la famille des orientaux, tant ces deux facettes ont des similitudes sur le plan de la sensualité et de la chaleur. Cependant, la difficulté à classer certains parfums dans la famille des orientaux a permis d'ouvrir une famille à part entière.

La famille des orientaux a longtemps pris le pas sur ce type de parfums, mais depuis les années 2000, cette famille prend de l’importance. On constate une différence significative entre ces deux familles, celle des ambrées étant encore plus ronde et baumée que pouvait l'être la première.

Elle s'associe facilement avec des facettes épicées, boisées, fleuries… Ces parfums sont d'ailleurs plus intimes que les orientaux, leur sillage est plus timide. Les notes les plus suaves se développent au contact de la chaleur de la peau. Ceci donne aux parfums ambrés un côté rassurant mais aussi très séducteur.

Aromatique

Les plantes aromatiques sont employées depuis très longtemps dans les parfums, notamment dans les masculins. Ce terme fait référence à la famille aromatique dans laquelle on classe les parfums aux notes lavandées, camphrées, menthées, anisées et citronnées. Les parfums construits autour de ces notes on généralement une connotation classique pour les occidentaux, car contrairement aux épices qui sont ramenées de pays lointains, on trouve bon nombre d’aromates dans nos jardins (romarin, thym, basilic, lavande, …). Ce sont des matières premières fraîches, tonifiantes souvent associées aux rituels de la toilette. En effet, les aromates étaient utilisés dans la préparation des Eaux de Cologne aux XIXe et au XXe siècle (eaux légères très appréciées pour leur fraîcheur et leurs senteurs dynamisantes), et notamment la lavande qui est la plante la plus emblématique de la famille. Ces notes sont aujourd’hui reprises dans les eaux de toilette masculines et les versions “sport”, mais aussi dans quelques créations féminines.